Une Saison à Longbourn, de Jo BAKER


longbourn-jo-baker« Les amateurs de Jane Austen et de Downton Abbey goûteront avec un plaisir particulier ce roman ». Ces quelques mots (ainsi que d’autres critiques également élogieuses) m’ont très rapidement convaincue d’acheter ce roman… (joies du marketing 😉 !)

Ainsi que je l’expliquais il y a quelques jours dans cet article, je suis une grande admiratrice du travail de Jane Austen, et en particulier de son plus célèbre roman : Orgueil et Préjugés.

Une Saison à Longbourn prend le pari de réutiliser les personnages et l’intrigue d’Orgueil et Préjugés mais en mettant cette fois-ci en avant le point de vue des domestiques.

Linge sale à récurer, mains douloureuses, pots de chambres à vider, journées longues et sans perspectives : c’est une vision beaucoup moins romanesque que nous offre ce livre. Je ne dirais pas qu’il s’agit d’un roman plus réaliste, davantage que cela reflète deux faces d’une même époque : dans ses livres, Jane Austen nous faisait découvrir avec humour et ironie le monde qui était le sien, celui des jeunes femmes de la petite gentry anglaise ; Jo Baker nous montre, elle, la dureté de la vie des domestiques à leur service, sans pour autant tomber dans le misérabilisme.

J’ai trouvé très intéressant d’offrir cette perspective nouvelle sur le monde de Jane Austen, bien que ce roman n’ait pas la même acuité, la même ironie mordante que ceux de l’auteure du XIXème siècle.

J’ai eu plaisir à retrouver les personnages d’Orgueil et Préjugés (même s’ils ne sont9782234075597-X pas toujours dépeints sous leur meilleur jour) et à « revivre » de manière indirecte les grands moments de l’intrigue. J’ai en fait été assez surprise de la manière dont ceux-ci sont dépeints, de manière très prosaïque, ce qui se révèle au final plutôt une bonne idée car cela évite tout sentiment de répétition.

Je déplore néanmoins que certains personnages, en particulier l’un des principaux protagonistes (M. Darcy), demeurent des ombres furtives dans ce  tableau.

Je conserve un sentiment mitigé à propos de l’intrigue : si elle ne se contente pas d’être une pâle copie de l’histoire originale, je n’ai cependant pas réussie à éprouver un réel intérêt pour l’héroïne, une jeune domestique nommée Sarah, et à l’intrigue amoureuse, qui se révèle sans surprise.

Toutefois, ce roman a un grand mérite : il est très bien écrit ! J’ai vraiment apprécié l’écriture de Jo Baker, que j’ai trouvée à la fois fluide, rythmée et poétique.

> Ce roman tire avantage de l’engouement actuel pour Jane Austen et pour les fictions historiques et on peut déplorer une intrigue un peu bancale et sans réelle surprise. Néanmoins, l’idée de départ et l’écriture de l’auteure en font une réussite.


Les petits [+] : l’écriture, le concept du roman, l’univers d’Orgueil et Préjugés

Les petits [-] : l’intrigue et l’héroïne sans surprises


Autour du livre :

Une Saison à Longbourn (Longbourn) est le quatrième roman de la romancière anglaise Jo Baker.


L’intrigue :

Sur le domaine de Longbourn, vivent Mr et Mrs Bennet et leurs vénérables filles, en âge de se marier.
À l’étage inférieur veillent les domestiques. Personnages fantomatiques dans le célèbre roman de Jane Austen, Orgueil et préjugés, ils deviennent ici des êtres de chair et de sang qui, du matin au soir, astiquent, frottent, pétrissent et vivent au rythme des exigences et des aventures de leurs bien-aimés patrons. Mais ce que les domestiques font dans la cuisine, sans être observés, pendant qu’Elizabeth et Darcy tombent amoureux à l’étage, relève d’eux seuls… Une histoire d’amour peut en cacher une autre, et qui sait quel secret enfoui risque de ressurgir.

Bookmarquez le permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *