Un Feu sur l’Abîme, de Vernor VINGE


feu_abimeAprès avoir découvert (et adoré) le roman Au Tréfonds du Ciel, j’ai décidé de découvrir l’autre chef d’œuvre de Vernor Vinge se déroulant dans le même univers.

J’ai trouvé que le début de l’ouvrage était d’une grande complexité car l’auteur fait allusion à de nombreux concepts que le lecteur ne peut comprendre qu’au fur et à mesure de l’avancée du récit.

Toutefois, une fois dépassée cette partie un peu difficile (comme c’est le cas dans La Captive du Temps Perdu du même auteur), j’ai été happée par ce récit hors-normes, qui témoigne de l’ambition de son auteur.

L’univers imaginé par Vernor Vinge est à la fois original et complexe. Dans ce futur lointain, de multiples races d’extraterrestres cohabitent dans l’univers, et ce à différents niveaux d’existence, puisque l’espace est composé de différentes zones formant des cercles concentriques et qui répondent à des lois de la physique différentes !

L’une des principales espèces inventées par l’auteur, les Dards, témoigne encore une fois de sa capacité à créer des races extraterrestres complexes et crédibles, puisqu’il est ici question d’individus existant de manière collective, en meutes de 4 à 6 individus, ce que j’ai trouvé tout à fait saisissant !

Les enjeux qui sous-tendent ce récit engendrent une véritable tension, que ne fait que s’accroître au fil du récit. Cela est d’autant plus vrai que j’ai attendu avec impatience la rencontre entre les différents héros.

Ces derniers sont attachants du fait des failles et des doutes qui les caractérisent, même si leur épaisseur ne dépasse pas celle des feuilles de papier.

J’ai regretté que le rythme du roman soit parfois trop lent, du fait de certains développements qui étaient, à mon avis, inutiles. C’est le cas, par exemple, des messages du « réseau », semblable à internet : bien qu’ils permettent d’approfondir l’arrière-plan (et qu’ils témoignent de la capacité d’anticipation de l’auteur, qui a publié ce roman au début des années 90), ils alourdissent inutilement l’intrigue.

Toutefois, l’alternance entre différents points de vue (l’intrigue se déroulant dans trois endroits principaux) concours à un final en apothéose qui voit se joindre tous les fils de l’intrigue.

En conclusion, j’ai trouvé que ce roman était un space-opera hors-normes se démarquant de par son inventivité, son ambition et la tension qui l’habite. A regretter néanmoins une trop grande complexité et une longueur qui peuvent, à mon avis, rebuter de nombreux lecteurs.


Les petits [+] : l’intrigue et la tension qui l’habite, l’originalité et l’inventivité de l’univers, la race des Dards

Les petits [-] : la complexité et la longueur de l’intrigue, des passages superflus


Autour de l’œuvre :

Un Feu sur l’Abîme (A Fire upon the Deep) est l’un des plus célèbres romans de l’auteur américain Vernor Vinge. Il a été publié en 1992 en langue anglaise et en 1994 en langue française (éditions Robert Laffont).

Il a rapidement été reconnu comme l’un des incontournables de la science fiction, et a ainsi été récompensé par le prix Hugo en 1993 et le prix Cosmos 2000 en 1995.

Cet ouvrage se situe dans le même univers que le roman Au Tréfonds du Ciel, qui se déroule cependant un millénaire plus tôt, et qui a lui aussi été récompensé par le prix Hugo du meilleur roman.

Par ailleurs, Vernor Vinge a publié en 2011 une suite à ce roman, intitulée Les Enfants du Ciel.


L’histoire :

« L’expédition straumlienne est tombée sur un trésor aux confins de la Galaxie : une mine de programmes inconnus dans les Archives d’une civilisation disparue. Mais, en l’explorant, elle éveille une Perversion, une Intelligence Artificielle qui ne songe qu’à soumettre et à détruire. Toutes les civilisations. Toutes les formes de vie. Deux enfants parviennent à s’échapper. Ils emportent avec eux le seul remède possible. Mais ils sont incapables de diriger leur navire… »

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