Quand Dieu était un lapin, de Sarah WINMAN


Quand Dieu était un lapinLe titre est assez étrange, la couverture enfantine, je ne savais donc pas trop à quoi m’attendre en commençant à lire ce roman de Sarah Winman.

On y découvre Elly, une petite fille aimante et originale, un peu solitaire, qui grandit en Angleterre dans les années 70, entourée de sa famille, de sa meilleure amie Jenny Penny et de son lapin, prénommé Dieu.

Je m’attendais à un livre drôle et amusant, mais le monde d’Elly se révèle teinté de douleurs secrètes. Presque subrepticement, les horreurs de la vie se glissent dans l’intrigue (à commencer, dès les premières pages, par la révélation à demi-mot des attouchements sexuels que son voisin lui a fait subir).

Pourtant, la force de ce roman est d’aborder avec poésie, humour et grâce toutes les facettes de la vie d’Elly, sans jamais tomber dans le scabreux. La « voix » de cette petite fille est extraordinaire et je suis tombée sous le charme de l’écriture de Sarah Winman, dont il s’agit seulement du premier roman !

Au fur et à mesure qu’elle grandit, Elly rencontre une galerie de personnages pittoresques. Chacun à leur manière, ce sont des marginaux, des blessés de la vie, et c’est à ce titre que ce roman se rapproche du film Little Miss Sunshine auquel la quatrième de couverture fait référence. Et à travers eux, c’est d’amour, l’amour pour un frère, pour un ami, pour un amant, pour un inconnu, dont il est question.

Il y a un côté surréaliste dans Quand Dieu était un lapin, qui fait que l’intrigue et les personnages ne sont pas toujours très crédibles. C’est également pour cette raison que j’ai moins accroché à la dernière partie du livre. D’abord, parce que c’est toujours difficile de retrouver un personnage des années plus tard (au début des années 2000, Elly a désormais la trentaine). Ensuite, parce que certains développements du récit (New York City et l’attentat contre les Twin Towers, entre autres) m’ont paru presque incongrus.

Pourtant, c’est un livre que je recommande sans hésitations.

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C‘est à un portrait magnifique, empli d’humour et de mélancolie, auquel nous avons droit dans Quand Dieu était un lapin. Il y est question de l’enfance, des blessures de la vie et du cheminement vers le monde adulte.


Le résumé de la critique :

Les petits [+] : l’écriture poétique et prenante, le personnage principal, l’intrigue mêlant humour et blessures de la vie

Les petits [-] : un certain manque de crédibilité de l’intrigue, la dernière partie du livre


Le roman :

Quand Dieu était un lapin (When God was a rabbit) est le premier roman de l’auteure britannique Sarah Winman, publié en 2011 (2013 en France).


L’intrigue :

Quand Dieu était un lapin Angleterre, 1968. L’année où Paris est descendue dans la rue où Martin Luther King a perdu la vie à cause d’un rêve, et où Eleanor Maud Portman, surnommée Elly, est née. Le monde de la jeune Elly est façonné par ceux qui l’habitent : ses parents, aimants mais distraits ; son frère et fidèle allié, Joe ; sa meilleure amie Jenny, au langage fleuri et à la persistante odeur de friture ; mais aussi un dandy vieillissant amateur de claquettes, ou un sosie de Shirley Bassey ; et enfin, bien sûr, un lapin modestement baptisé Dieu.

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