Perdido Street Station, de China MIEVILLE


perdidoIci, au-delà de l’histoire et des personnages, c’est le cadre spatial qui constitue sans aucun doute le véritable pilier du roman.

Tout au long des deux tomes, l’auteur s’attache à nous faire découvrir quelques-uns des endroits, des peuples et des traditions de cette ville tentaculaire, multiculturelle, à la fois éblouissante et repoussante, que constitue Nouvelle-Crobuzon.

Grâce à son écriture à la fois dense et onirique, China Miéville réussit à nous faire véritablement voir, sentir et toucher ce paysage urbain foisonnant, dont la description combine vraisemblance et originalité.

Rappelant parfois Baudelaire et ses Fleurs du mal, c’est de la noirceur et de la boue, que l’auteur arrive le mieux à dégager la beauté de son œuvre.

Pour autant, China Miéville ne délaisse pas les autres éléments du récit. Dans Perdido Street Station, nous suivons les aventures d’un homme-oiseau, nouvellement arrivé à la Nouvelle-Crobuzon, caressant l’espoir de retrouver ses ailes… alors que des êtres qui manipulent l’inconscient sont lâchés sur la ville.

Les personnages, bien développés, sont assez réussis et l’auteur évoque simplement mais efficacement les sentiments qui se nouent entre les protagonistes. Bien que moins originale que le reste, l’intrigue principale demeure intéressante car l’auteur décrit des « adversaires » absolument fascinants avec un final à la hauteur du récit.

L’auteur prend son temps et développe tous les fils du récit avec patience : il en résulte des passages un peu longuets et un rythme qui fait parfois défaut. Mais ces quelques imperfections ne sont pas assez importantes pour faire oublier la puissance descriptive et évocatrice de l’œuvre.

Perdido Street Station se révèle être de la fantasy urbaine onirique et puissante, mettant en scène une ville-univers tout simplement renversante.


Autour du roman :

Il s’agit d’un roman en deux parties, publié par l’auteur britannique China Miéville en 2000 (2003 en France).

Il a reçu, entre autres, le prix Arthur C. Clarke et le British Fantasy Award en 2001 ainsi que le Grand Prix de l’imaginaire en 2005.

Le roman Les Scarifiés de China Miéville, paru en 2005 en France, se situe dans le même univers que Perdido Street Station.


L’intrigue :

« Nouvelle-Crobuzon, une métropole tentaculaire, polluée, démentielle, au cœur d’un monde insensé. Humains et hybrides mécaniques y côtoient les créatures les plus exotiques à l’ombre des cheminées d’usine, des fabriques et des fonderies. Depuis plus de mille ans, le Parlement et son impitoyable milice règnent sur une population de travailleurs et d’artistes, d’espions, de magiciens, de dealers et de prostituées. Mais soudain un étranger, un homme-oiseau, arrive en ville avec une bourse pleine d’or et un rêve semble-t-il inaccessible : celui de retrouver ses ailes… Alors que la pire des abominations, des êtres qui manipulent l’inconscient, est lâchée sur Nouvelle-Crobuzon. »

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