Les Fiancées d’Odessa, de Janet Skeslien CHARLES


Les Fiancées d'OdessaAncré dans la réalité contemporaine, ce roman est, de ce fait, à l’opposé de ceux que je choisis d’habitude. Malgré cela (et en dépit également de la couverture particulièrement… kitsch !), j’ai dévoré ces quelques quatre-cent pages…

Le ton de ce roman, à la fois léger et grave, plein d’humour mais doux amer, m’a immédiatement séduite. A travers les yeux de Doria, l’héroïne et la narratrice, nous découvrons l’Ukraine post-communiste et, en premier lieu, les difficultés de ses habitants. Ceux-ci sont confrontés, entre autres, au déclassement professionnel, à la pénurie et à la corruption.

Pourtant, une fois ces pages refermées, ce n’est pas cette facette de la ville d’Odessa que je conserve le plus en mémoire. Ce sont plutôt les images de son bord de mer, de son Opéra, de ses habitants distingués qui me viennent à l’esprit… La description d’Odessa est si vivante et riche que cela m’a d’ailleurs donné envie de découvrir cet endroit par moi-même ! (C’est une idée qui plairait d’ailleurs sûrement à l’héroïne, qui ne cesse de « défendre » sa ville auprès des étrangers !)

L’un des grands points fort de ce roman est ne jamais tomber dans le misérabilisme. Loin des clichés sensationnalistes, Janet Skeslien Charles évoque sans parti-pris le sujet de ces femmes, ici ukrainiennes ou russes, qui acceptent de partir à l’étranger et de se marier à un quasi-inconnu. J’ai beaucoup apprécié la manière, pleine d’humour mais sans vulgarité, dont elle nous décrit leurs motivations et leurs destins.

J’ai également admiré la façon dont une américaiodessa1ne réussi à retranscrire, avec beaucoup de justesse selon moi, le choc culturel d’une ukrainienne aux États-Unis. (Un point qui me tient à cœur, ayant moi-même expérimenté ce choc des cultures aussi bien en Amérique du nord qu’en Europe centrale). Car, sans surprise, il est loin d’être évident d’imaginer ce que peuvent ressentir des étrangers dans le pays dans lequel on a grandi.

En dépit de ces points positifs, j’ai regretté que certains personnages (comme Vlad, le beau mafieux au grand cœur) et certaines situations (telles que le changement d’attitude de Tristan) soient un peu trop caricaturales. Néanmoins, cela ne m’a pas empêché de « fondre » pour la relation passionnée, bien que convenue, qui se développe entre Doria et Vlad !

Le personnage de Doria, une héroïne aux forces et aux faiblesses attachantes, m’a d’ailleurs beaucoup plu. Mais c’est Harmond, qui en définitive m’a le plus émue, grâce à son étonnante évolution. J’ai apprécié qu’un personnage a-priori peu intéressant (du fait de son manque de qualités physiques ou intellectuelles) soit ainsi mis en avant.

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Alors que mes attentes étaient au départ faibles, j’ai été conquise par ce roman qui conte, d’un ton à la fois léger et grave, l’une des facettes de notre monde post-guerre froide, à travers le destin d’une Ukrainienne très attachante.


Les petits [+] : la description sensible et intelligente de l’Ukraine post-guerre froide, les personnages attachants, la thématique de ces « fiancées d’Odessa »

Les petits [-] : la relation amoureuse un peu caricaturale


Autour du roman :

Les Fiancées d’Odessa (Moonlight in Odessa) est le premier roman publié par l’écrivaine américaine Janet Skeslien Charles, qui a vécu en Ukraine et réside actuellement en France.


L’intrigue :

« Daria, vingt-cinq ans, un diplôme d’ingénieur en poche, vit seule avec  sa grand-mère à Odessa, dans une Ukraine qui souffre encore des  blessures du communisme. Les salaires sont bas, les emplois rares et la  mafia omniprésente. Grâce à sa parfaite maîtrise de l’anglais, Daria  décroche le poste envié de secrétaire dans une filiale israélienne  d’import. Hélas, ce n’est pas sans contrepartie : son patron espère une  récompense en nature… Daria use de tous les stratagèmes pour éviter le  moment fatidique, et croit avoir trouvé la solution en lui jetant son  amie Olga dans les pattes. Mais Olga, arriviste et  sans scrupule, rend  l’atmosphère du bureau vite irrespirable. Pour devancer les dangers d’un  licenciement, Daria travaille le soir dans une agence matrimoniale :  Unions soviétiques. Elle traduit les lettres que s’échangent Américains  et Ukrainiennes par le biais du site internet, et sert d’interprète dans  des « soirées » au cours desquelles les Américains viennent « faire  leur marché ». Pour trouver une solution à sa précarité, Daria se laisse  à son tour tenter par le rêve américain… Mais la réalité est loin  d’être à la hauteur de ses espérances. Croyant épouser un professeur de  San Francisco, elle se retrouve en fait en rase campagne, aux prises  avec un mari jaloux, possessif et rustre qui lui a menti sur toute la  ligne… »

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