Les Dîners de Calpurnia, de Jean DIWO


calpurniaDans ce roman, l’auteur cherche à croiser la petite et la grande histoire mais le résultat se révèle mitigé.

D’un côté, il évoque les principaux traits du règne des différents Empereurs romains sur près d’un siècle (conquêtes militaires, entreprises architecturales, etc…). Il décrit également leur caractère, leur comportement, leur rapport au pouvoir et au peuple. Cela permet d’offrir à l’intrigue un très bon cadre et une véritable profondeur historique. Cependant, il manque un véritable souffle, une véritable ambition à ces considérations pour que ces Empereurs fassent réellement partis de l’intrigue (trop peu de récits en parallèle par exemple) et ne soient pas seulement des ombres en arrière-plan.

De l’autre côté, la famille des héros se distingue de par son originalité puisqu’on a affaire à une « dynastie » d’architectes. Mais, le principal problème est que j’ai trouvé difficile de m’attacher à ces personnages. En effet, leurs histoires personnelles, qui se suivent de générations en générations, se lisent facilement, mais sont dépourvues du souffle caractéristique des fresques familiales. De plus, les dialogues manquent cruellement de spontanéité et de réalisme. Ils sont d’autant plus artificiels que l’auteur place dans la bouche de certains personnages des citations ou références à leurs œuvres futures. En effet, l’auteur fait intervenir un grand nombre de Romains célèbres (écrivains, poètes, orateurs…), amis avec les héros.

Malheureusement, si l’idée de départ de ce roman est originale et intéressante (faire revivre la vie politique et culturelle de la Rome Antique par l’intermédiaire de célèbres dîners offerts par une famille d’architectes à leurs amis), j’ai trouvé que le résultat n’était pas à la hauteur de l’ambition de l’auteur. 


Les petits [+] : le cadre et les détails historiques, l’idée d’une dynastie d’architecte

Les petits [-] : les personnages et les dialogues trop artificiels, le manque d’ambition et de souffle épique pour que ce roman se transforme en une véritable fresque politique et familiale


Autour du roman :

Les Dîners de Calpurnia est l’un des nombreux romans écrits par le journaliste et écrivain français Jean Diwo. Il a été publié en 1997 aux éditions Flammarion.


L’intrigue :

« Néron regarde en silence Rome brûler. Il monte sur la tour de Mécène et chante, à la lueur des flammes, un poème sur la guerre de Troie qu’il a naguère composé. Ainsi commence Les dîners de Calpurnia, qui, de Néron à Hadrien, nous fait vivre le siècle d’or de l’Empire avec les Romains eux-mêmes, dans leurs immeubles de cinq étages du cœur de la cité ou dans les villas de marbre des quartiers nobles. Jean Diwo, on le sait depuis Les Dames du Faubourg, aime romancer les longues périodes de l’Histoire. Cette fois, sa saga est celle d’une famille d’architectes, ingénieurs audacieux qui couvrent l’Empire de routes, qui lancent dans le ciel ponts et aqueducs, qui font surgir du sol ces colosses de pierre et de marbre : le Colisée, la colonne de Trajan, les thermes, les forums… Calpurnia, la fille adoptive de Sevurus, l’architecte de Néron, est belle, cultivée et sensuelle. Ses amours avec Valerius, un poète, puis avec Celer, le jeune associé de son père adoptif, animent la Maison du Vélabre où elle réunit à sa table les meilleurs esprits de Rome. Martial, Juvénal, Pline, Tacite s’y pressent, agitent des idées, persiflent le pouvoir. Les césars se succèdent et tissent la trame historique du récit. Calpurnia y brode la vie, ses amis poètes y accrochent leurs épigrammes, les bâtisseurs et les sculpteurs y sèment le marbre. La paix romaine voit aussi la naissance du christianisme.. Calpurnia, convertie, échappera aux premières persécutions. »

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One Comment

  1. Je trouve le commentaire sévère; pour préférer les livres d’histoire « pure » je trouve , cependant, queJEAN DIWO se maintient à équidistance du récit historique et d’une trame romanesque qui lui appartient, et ponctue son livre d’un grand nombre de détails liés à la vie courante , au moeurs politiques , à la religion , à la culture et aux arts, en empruntant, c’est vrai, des passages entiers de textes d’auteurs latins , que bon nombre de jeunes ou moins jeunes ne liront jamais : je vais le conseiller à mes petits enfants , en guise d’entrée dans ce qui peut être une clé d’accès à cette période .

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