Le Goût des pépins de pommes, de Katharina HAGENA


gout_pepinsCe livre m’a été offert il y a quelques mois par une très bonne amie, mais je viens tout juste de le lire et de le terminer (j’ai tendance à « donner la priorité » à ceux que j’emprunte à la bibliothèque…)

Ce roman est sans conteste de ceux dont j’admire l’écriture, légère et poétique, propre à ressusciter les souvenirs et les émotions.

Dès les premières lignes, elle nous emmène sur les traces de Bertha, une vieille femme originaire d’un petit village du nord de l’Allemagne. Son enterrement vient d’avoir lieu, en présence de ses trois filles, et de sa petite-fille Iris, la narratrice. C’est à cette dernière qu’échoit la maison familiale, pleine d’histoires et de secrets cachés, et que nous (re)découvrons en même temps qu’elle.

Les évocations pleines d’émotion et de sensibilité sur ces trois générations de femme, sur le vieillissement et l’évanouissement progressif de l’esprit de Bertha, sur les douleurs secrètes de ses filles, sur le poids des peurs et des tragédies de l’enfance, sur les compromis et les silences familiaux, m’ont laissées émue et, pour tout dire, un peu chamboulée.

Pourtant, il y a également de l’humour dans ce roman, surtout au travers des rencontres un peu saugrenues entre Iris et son ancien ami d’enfance, Max. Le développement de leur histoire sentimentale m’a cependant semblé moins intéressant, un peu anecdotique.

J’ai également regretté que les révélations décrites à la fin du roman apparaissent exagérées et délibérément tragiques (notamment, tout ce qui entoure les destins de Rosemarie et Mira).

Le rythme est plutôt lent, les descriptions nombreuses, mais cela ne m’a pas gênée car cela permet de ressusciter à merveille ce coin de l’Allemagne, la vieille maison pleine de souvenirs, les odeurs de pommes et de vieilles pierres. Il y a une atmosphère un peu lourde, latente, qui est présente tout le long de l’ouvrage, et qui lui confère sa saveur.

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En dehors de quelques fausses notes, ce roman est un petit bijou plein de poésie et d’émotion, à savourer par ceux qui aiment les plongées un peu nostalgiques dans les histoires de familles.


Les petits [+] : une écriture sensible, une évocation réussie sur le souvenir et l’oubli

Les petits [-] : des situations ou personnages un peu caricaturaux


Un extrait :

Lire signifie collectionner, et collectionner signifie conserver, et conserver signifie se souvenir, et se souvenir signifie ne pas savoir exactement, et ne pas savoir exactement signifie avoir oublié, et oublier signifie tomber, et tomber doit être rayé du programme.


Der-Geschmack-von-Apfelkernen

Autour du roman :

Le Goût des pépins de pomme (Der Geschmack von Appfelkernen) est le premier roman publié par l’auteure allemande Katharina Hagena, en 2009.

Il a connu un énorme succès en Allemagne (où il a été adapté au cinéma) et à l’étranger.


 

L’intrigue :

À la mort de Bertha, ses trois filles et sa petite-fille, Iris, la narratrice, se retrouvent dans leur maison de famille, à Bootshaven, dans le nord de l’Allemagne, pour la lecture du testament. À sa grande surprise, Iris hérite de la maison. Bibliothécaire à Fribourg, elle n’envisage pas, dans un premier temps, de la conserver. Mais, à mesure qu’elle redécouvre chaque pièce, chaque parcelle du merveilleux jardin, ses souvenirs font resurgir l’histoire émouvante et tragique de trois générations de femmes. Un grand roman sur le souvenir et l’oubli.

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