Le César aux Pieds Nus, de Cristina RODRIGUEZ


cesarJ’ai trouvé que ce livre était une véritable réussite !

D’abord, cela tient à la justesse et à l’intérêt de son arrière-plan historique. Le roman se déroule dans la Rome Antique, durant l’une de ces périodes fascinantes de l’Histoire. Il s’agit ici de la fin de règne de l’Empereur de Rome, Tibère. Tous ceux qui, comme moi, sont amateurs de fictions historiques vont pouvoir se régaler !

Avec beaucoup d’exactitude et de clarté (ce qui n’est pas toujours facile), Cristina Rodriguez aborde le destin de la famille de Germanicus, fils adoptif de Tibère, au milieu des complots, des intrigues et des enjeux politiques. Ces derniers sont très finement expliqués, sans que le roman en perde son intérêt.

A noter cependant que la multiplicité des personnages et la complexité de leurs liens familiaux/politiques m’ont quand même amenée à chercher un arbre chronologique sur internet !

Ce que j’ai particulièrement apprécié est, qu’au-delà de l’aspect historique, Le César aux pieds nus est une aventure à dimension humaine, puisque l’auteure s’attache à relater les méandres de l’amitié entre Caligula, le futur Empereur, et son esclave alexandrin, Hélicon. Je pense d’ailleurs que c’est un choix audacieux de dépeindre Caligula en héros, alors que celui-ci souffre d’une « réputation historique » très mauvaise.

J’ai trouvé les personnages criants de vérité, chacun d’eux arrivant à exister quelque soit son importance dans le récit. Mon attachement envers eux n’a fait que croître, d’autant plus que ce roman donne un très bon aperçu de la vie romaine de l’époque et fourmille de milles et un détails.

Cristina Rodriguez arrive à trouver les mots justes pour nous faire ressentir avec une émotion intense les liens qui unissent les différents protagonistes. Or, je trouve que c’est souvent cet aspect là qui est raté dans de nombreux romans et qui m’empêche de ressentir de l’empathie envers les personnages. De plus, l’accent est mis sur la relation amicale entre les deux héros, ce qui change du focus amoureux de la plupart des romans.

Ce roman est véritablement passionnant du début jusqu’à la fin, et je l’ai lu presque d’une seule traite. Le style de l’auteur est particulièrement fluide et agréable, et je compte bien lire ses autres romans !

Au final, Le César aux Pieds Nus est un roman historique à la fois divertissant et profond. Une très belle histoire d’amitié, un vrai moment de bonheur !


Les petits [+] : le cadre historique, le style, les personnages, l’intrigue, l’amitié entre Caligula et Hélicon

Les petits [-] : les liens familiaux/politiques entre les personnages difficiles à retenir


Autour du roman :

Le César aux Pieds Nus est un roman historique de l’écrivaine espagnole d’expression française Cristina Rodriguez. Il a été écrit en collaboration avec l’historien Domenico Carro et a été publié en 2002 aux éditions Flammarion.


L’intrigue :

« Le train de vie de Livia n’avait rien à envier à celui de son fils. Des dizaines d’esclaves s’affairaient et je repérai deux ou trois filles plutôt à mon goût, qui répondirent à mon sourire par une œillade amicale. C’était déjà un bon début, ma foi. Mais je n’eus guère le temps de m’attarder à contempler leurs courbes harmonieuses ondulant sous le tissu blanc de leur robe. Crassus me poussa dans l’atrium pavé d’une mosaïque à motifs géométriques, au centre duquel chantait une fontaine. Il me conduisit vers le fond de la propriété. Le luxe des lieux me laissa sans voix et, sur le Palatin, j’étais pourtant habitué à ce qui se faisait de mieux. Les fresques murales de la villa étaient somptueuses et d’une délicatesse rare. On s’attendait presque à ce que les personnages prennent vie et tournent la tête sur notre passage. Pas un pouce du sol qui ne soit recouvert de mosaïques splendides, parfois dissimulées sous des tapis de Babylone aux pourpres chatoyants et aux ors raffinés. Dans les couloirs, à intervalles réguliers, d’exquises sculptures peintes montaient la garde sur leurs piédestaux et un discret parfum d’encens caressait les narines. Et là, pour la première fois, je vis Gaius, dit Caligula, que j’allais devoir servir. Un jeune homme au regard cruel qui m’effrayait d’avance. »

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One Comment

  1. C’est cool , ton article a permis de mettre plus de précision que sur ta vidéo et t’a corrigé quelques erreurs ;p super article comme toujours

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