L’Age des Miracles, de Karen Thompson WALKER


age_des_miraclesLa vitesse de rotation de la Terre commence à ralentir progressivement et, de ce fait, les journées s’allongent, la gravité est modifiée, les oiseaux et les plantes meurent progressivement et l’Homme… tente de survivre. J’adore les romans d’anticipation qui explorent l’adaptation de nos sociétés face à des bouleversement inconnus, mettant à mal nos connaissances et nos croyances. Et cet ouvrage ne fait pas exception…

L’idée sur laquelle repose toute l’intrigue (le ralentissement progressif de la vitesse de rotation de la Terre) est originale et ses conséquences bien étudiées.

En effet, face à ce bouleversement, l’auteur décrit au travers des différents personnages la variété des réactions (extrémisme religieux, repli sur soi, rejet des normes sociales, survie à tout prix, etc)… de manière complètement crédible bien que sans originalité particulière.

La particularité de ce roman est qu’il est narré du point de vue de Julia, une jeune californienne de douze ans. Ainsi, cet ouvrage est aussi une réflexion sur le passage de l’enfance à l’adolescence et traite des bouleversements tant psychologiques que physiques de cette période, avec tact et réalisme.

J’ai aimé ce personnage à la fois réfléchi et solitaire, néanmoins, son jeune âge fait qu’il est dur pour un adulte de vraiment pouvoir s’identifier à elle.

J’ai toutefois trouvé intéressant que l’auteur évoque en parallèle les menues choses de la vie (premier baiser, difficultés de s’intégrer dans un groupe, tensions entre les parents, etc.) et les bouleversements du monde. Cela permet de montrer la capacité d’adaptation de l’homme, quelque soit les circonstances.

Bien que d’habitude je n’aime pas que la « voix » du narrateur soit trop présente dans un récit et révèle des éléments futurs au lecteur, dans ce cas précis, cela ne m’a pas déplu. Au contraire, j’ai trouvé qu’une véritable tension s’installait, du fait de tous ces éléments distillés petit à petit.

Au fur et à mesure que les événements s’aggravent, les personnages commencent à davantage réfléchir sur leur façon d’agir et sur la manière dont se construit la société, notamment au regard de ses conséquences sur l’environnement, conséquences dont l’intrigue se fait un écho.

Le roman se lit très vite et, pour ma part, j’avais vraiment hâte de découvrir la suite des événements. C’est d’ailleurs l’un des reproches que je ferais à ce livre : sa longueur insuffisante. On glisse sur de nombreux événements et je pense que certains faits auraient mérité d’être davantage approfondis, de même que les personnages secondaires. Au final, la plupart d’entre eux demeurent un mystère (Seth par exemple) et beaucoup de thèmes ne sont qu’esquissés. Ainsi, le fait que le roman se passe dans une banlieue californienne implique que l’on ne découvre qu’une vision parcellaire de cette catastrophe. 

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En conclusion, j’ai passé un bon moment à découvrir ce roman, qui reprend les éléments traditionnels d’un roman d’anticipation « post-apocalyptique », mélangés aux réflexions d’une adolescente en devenir.


Les petits [+] : l’intrigue originale et réfléchie, l’héroïne attachante, la tension qui se dégage de l’œuvre, l’écriture très agréable

Les petits [-] : les personnages trop jeunes pour qu’un adulte s’y identifie, une intrigue un peu courte et dont certains éléments auraient mérité d’être approfondis


Autour de l’œuvre :

L’Âge des miracles est le premier roman de l’écrivaine américaine Karen Thompson Walker. Il a été publié en 2012 aux éditions Presses de la Cité.


L’intrigue :

« Et si nos journées commençaient à s’allonger, d’abord de quelques minutes, puis de plusieurs heures, jusqu’à ce que le jour devienne la nuit et la nuit le jour ? Une journée d’octobre apparemment comme les autres, l’humanité découvre avec stupeur que la vitesse de rotation de la Terre a ralenti. Les jours atteignent progressivement vingt-six, vingt-huit puis trente heures. La gravité est modifiée, les oiseaux, désorientés, s’écrasent, les marées se dérèglent et les baleines s’échouent… Tandis que certains cèdent à la panique, d’autres, au contraire, s’accrochent à leur routine, comme pour nier l’évidence que la fin du monde est imminente. En Californie, Julia, est le témoin de ce bouleversement, de ses conséquences sur sa communauté et sa famille. Adolescente à fleur de peau, elle est à l’âge où son corps, son rapport aux autres et sa vision du monde changent : l’âge des miracles. »

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