La Fille Automate, de Paolo BACIGALUPI


LAFILLEAUTOMATEAutant vous dire que lorsque j’ai appris les nombreux prix prestigieux reçus par ce roman, je me suis précipitée pour le lire. Mes attentes étaient donc fortes… et je n’ai pas été déçue !

J‘adore cette science fiction d’anticipation qui explore la Terre dans son futur proche (ici, la fin du XXIème siècle) et offre des clés de lecture de notre époque. Dans ce roman, Paolo Bacigalupi nous fait réfléchir sur les rapports de force entre multinationales et pays en développement, les manipulations génétiques,  les famines provoquées par la cupidité des plus riches. Il nous montre que les décisions que nous prenons aujourd’hui pourraient avoir des conséquences terribles sur notre environnement futur et sur les populations mondiales.

D’autre part, la richesse intellectuelle de l’ouvrage n’implique pas que l’intrigue soit négligée. Au contraire, elle est très efficace et évite toute longueur inutile (j’ai plutôt trouvé le roman trop court !) Ce roman voit ses héros être confrontés, chacun à leur niveau, aux conséquences politiques, économiques, humaines des manipulations génétiques dans la Thaïlande du XXIème siècle.

Les différents personnages sont charismatiques et attachants (j’ai particulièrement aimé Emiko et Kanya) et le changement de point de vue à chaque chapitre est très bien mené. Surtout, j’ai trouvé qu’il y avait un rythme haletant et de plus en plus soutenu dans cet ouvrage et j’avais du mal à m’arrêter de lire tant les derniers chapitres étaient prenants !

L’un des des autres aspects de cet ouvrage que j’ai particulièrement apprécié est le fait qu’il se déroule en Thaïlande et que la plupart des héros soient Thaïlandais, Chinois ou Japonais. C’est original et cela évite l’habituel occidentalo-centrisme de ce type d’ouvrage. J’ai ainsi aimé toutes les petites références à la langue ou aux coutumes thaïlandaises. Cela m’a fait sentir que l’auteur connaît bien cette région du monde (du moins je le crois !), ce qui est appréciable. Ce dépaysement produit un roman à l’atmosphère particulière, à la fois mélancolique et haletante.

En définitive, la seule chose qui m’a dérangée est la tonalité sombre du roman et certaines descriptions très dures de scènes de violence (subies par Emiko notamment). Ce n’est pas un reproche, mais davantage mon propre ressenti qui parle.

En conclusion, j’ai trouvé ce roman très bien écrit, prenant et particulièrement riche quant à la réflexion environnementale et politique qu’il développe.


Les petits [+] : les personnages charismatiques, le rythme haletant, la réflexion sur notre futur, le cadre asiatique

Les petits [-] : des scènes de violence trop crues


Autour de l’œuvre :

La Fille Automate (The Windup Girl) est le premier roman publié par l’auteur américain Paolo Bacigalupi en 2009. Il a été publié en langue française en 2012 aux éditions Au Diable Vauvert.

Il a été récompensé par le prix Nébula du meilleur roman 2009, le prix Hugo du meilleur roman 2010, le prix Locus du meilleur roman 2010, le prix John-Wood Campbell 2010, le prix Bob-Morane 2013, le Grand Prix de l’Imaginaire du meilleur roman étranger 2013 et le prix Jacques Chambon de la traduction 2013 pour Sara Doke !


L’histoire :

« Fin du XXIe siècle, après le grand krach énergétique, la calorie est devenue l’unité la plus recherchée. Anderson Lake travaille en Thaïlande pour AgriGen, une multinationale agroalimentaire. Sa couverture de gérant d’usine lui permet de passer au peigne fin les marchés des rues de Bangkok à la recherche de denrées que l’on croit disparues. Là, il rencontre Emiko.
Emiko est la Fille automate, une belle et étrange créature abandonnée. Emiko n’est pas humaine, elle fait partie du Nouveau Peuple, c’est un être artificiel élevé en crèche et programmé pour satisfaire les caprices décadents d’un homme d’affaires de Kyoto.
Considérés comme des êtres sans âme par certains, comme des démons par d’autres, les automates sont des esclaves, des soldats et des jouets pour les plus riches dans ce futur proche et effrayant où les sociétés de calories dirigent le monde. L’ère du pétrole est passée, et les effets secondaires des pestes génétiquement modifiées ravagent la terre.
Qu’arrive-t-il quand les calories deviennent monnaie ? Quand le bioterrorisme devient un outil de profit pour les entreprises ? Quand les dérives génétiques dudit bioterrorisme forcent l’humanité à basculer dans l’évolution posthumaine ? »

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