La dernière fugitive, de Tracy CHEVALIER


La dernière fugitiveAttention, coup de cœur !

Cela faisait longtemps qu’un roman ne m’avait autant enthousiasmée… Et cela grâce à la plume de Tracy Chevalier (une romancière américaine que j’ai d’abord découverte avec son célèbre roman La Jeune Fille à la Perle).

Le récit débute avec le départ d’Honor Bright et de sa sœur, deux jeunes Quakers, pour les Etats-Unis. Nous sommes au milieu du XIXème siècle et lorsque la jeune femme arrive à destination, dans une petite bourgade de l’Ohio, c’est à un monde très éloigné de son Angleterre natale qu’elle se trouve confrontée. La rudesse de la vie qu’elle y mène, et surtout sa confrontation directe avec la traque des esclaves en fuite, vont peu à peu chambouler sa vie et ses convictions…

Ce roman est d’abord un témoignage incroyable sur la vie des Quakers en ce milieu de XIXème siècle. Communauté méconnue, les Quakers (ou Société religieuse des Amis comme ils se nomment eux-même) vivent leur foi chrétienne d’une manière très particulière, sans s’attacher à une hiérarchie ou un crédo. Leur vie est tournée vers la prière (silencieuse), la modestie, le partage.

Avec ce livre, on a un très bon aperçu de leur manière de vivre et de leur façon de penser, ce que j’ai trouvé passionnant. Il ne fait aucun doute que Tracy Chevalier s’est abondement renseignée pour écrire ce roman, notamment pour tout ce qui a trait aux « quilts », dont la confection est au cœur de La dernière fugitive.

Un autre thème majeur est celui du chemin de fer clandestin (un réseau d’aide aux esclaves en fuite) et des luttes, politiques, morales, voire physiques, qui opposaient alors les américains sur la question de l’esclavage.

Cette richesse historique n’empêche pas La dernière fugitive de demeurer un roman très agréable à lire. On retrouve cependant quelques uns des clichés du genre (la meilleure amie infaillible, le beau ténébreux infréquentable, la belle-mère irascible), notamment lorsqu’il s’agit des personnages secondaires.

Néanmoins, cela ne m’a pas gênée outre mesure car l’écriture de Tracy Chevalier échappe à ces travers : pas d’expressions clichés, ni de descriptions lourdes. Au contraire, elle utilise une écriture poétique et modeste qui convient à merveille à la narratrice, dont l’évolution psychologique est décrite avec beaucoup de finesse. De plus, l’intrigue demeure assez réaliste (on évite les mentalités ou détails anachroniques), ce que j’ai particulièrement apprécié.

Le roman alterne des passages narrés avec les lettres envoyées par Honor à sa famille et ses amis. Le procédé pourra sembler un peu trop académique, mais, personnellement, cet aspect ne m’a pas dérangée.

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La dernière fugitive est le portrait empreint de sensibilité d’une femme et d’une époque particulières. Un régal !


Les petits [+] : des thématiques historiques riches et bien traitées, une écriture merveilleuse pour une héroïne modeste et sensible

Les petits [-] : un roman un peu trop académique, des personnages secondaires trop clichés

 

Autour du roman :

La dernière fugitive (The last runaway) a été publié par l’auteure américaine Tracy Chevalier en 2013.


L’intrigue :

Quand Honor Bright se décide à franchir l’Atlantique pour accompagner, au cœur de l’Ohio, sa sœur promise à un Anglais fraîchement émigré, elle pense pouvoir recréer auprès d’une nouvelle communauté le calme de son existence de jeune quaker : broderie, prière, silence. Mais l’Amérique de 1850 est aussi périlleuse qu’enchanteresse ; rien dans cette terre ne résonne pour elle d’un écho familier.

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One Comment

  1. Bonjour, je suis actuellement en terminale Littéraire dans le Jura, j’étudie The Last Runaway en cours de littérature anglaise, et j’ai adoré ce roman ! très bon choix 😉

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