Au Tréfonds du Ciel, de Vernor VINGE


trefonds_cielCe roman de science fiction est une œuvre ambitieuse et conséquente puisqu’elle s’étale sur près de 1000 pages. Si l’auteur explore avec minutie les différents contextes dans lesquels évoluent ses héros, je ne me suis pas ennuyée une seconde durant ma lecture tant l’intrigue est prenante et le suspense bien mené.

(Par ailleurs, cet ouvrage se situe dans le même univers qu’Un Feu sur l’Abîme, qui se déroule un millénaire plus tard.)

Au Tréfonds du Ciel est un grand roman d’aventure, épique, inventif où les coups de théâtre foisonnent. Une véritable tension s’instaure progressivement du fait des dangers et des enjeux auxquels sont confrontés les différents héros.

Avec beaucoup de brio, l’auteur mène de front deux histoires parallèles, distinctes sur les plans spatiaux et temporels. Cependant, ces deux histoires sont complémentaires et leur dénouement, commun, engendre un fort moment d’émotion.

D’un côté, Vernor Vinge dépeint la race des « Araignées », réussite majeure de l’œuvre, et envers laquelle l’empathie du lecteur ne fait que croître. Il évoque la société, les traditions et les interdits de cette société extraterrestre, et explore à travers elle les thématiques du progrès, de l’obscurantisme et de l’intolérance.

L’écrivain fait preuve d’une réelle originalité, dans le bon sens du mot, car les Araignées constituent une race qui sort vraiment de l’ordinaire et dont la logique de pensée diffère beaucoup de la nôtre. L’aspect physique très repoussant de ces êtres (du moins aux yeux des humains) pousse au final le lecteur à relativiser les apparences. Ici, tolérance n’est pas un vain mot et l’auteur nous invite à dépasser tout ethnocentrisme.

De l’autre côté, l’auteur privilégie là-aussi une approche originale : après un rapide combat, il évoque la domination d’un groupe d’humain par un autre et la cohabitation forcée de ces deux peuples sur un même vaisseau spatial. Avec beaucoup de réalisme, Vernor Vinge décrit les conséquences de cette coopération forcée (résistance, collaboration, révolte, totalitarisme). Et devant certaines situations (l’effacement de Kiwi ou la focalisation de Trixia par exemple), une vraie émotion se dégageait du récit.

Vernor Vinge arrive à dépeindre des personnages très différents, hauts en couleur, mais en même temps très attachants. L’humanité enfouie des bourreaux n’est pas oubliée et c’est pourquoi ce roman évite tout manichéisme.

En conclusion, il s’agit d’un roman à vocation universelle, dont la longueur pourra en rebuter certains, mais qui contentera tous ceux qui aiment les grandes aventures mêlant les histoires croisées de plusieurs personnages clefs et la description précise et passionnante de deux mondes qui se rencontrent.


Autour de l’œuvre :

Au Tréfonds du Ciel est un roman publié en 1999 par l’auteur américain Vernor Vinge.

Il a obtenu le prix Hugo du meilleur roman en 2000.

Cet ouvrage se situe dans le même univers que le roman Un Feu sur l’Abîme, qui se déroule cependant un millénaire plus tard, et qui a lui aussi été récompensé par le prix Hugo du meilleur roman.


L’histoire : 

« Dans l’immensité de la Galaxie, l’étoile Marche-Arrêt est une énigme. Elle s’éteint pendant deux cent quinze ans puis se rallume pour trente-cinq ans. Son unique planète est habitée par des araignées intelligentes qui viennent d’inventer la radio. Leurs signaux attirent deux expéditions interstellaires. Celle des Queng Ho, un peuple marchand et itinérant qui parcourt l’espace en vendant et en achetant de l’information technologique. Et celle des Emergents, issus d’une civilisation violente et sadique qui a fait de la lutte pour le pouvoir son mode de vie. Qui l’emportera ? »

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